L’agence immobilière sociale garantit les loyers

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L’agence immobilière sociale garantit les loyers

Elle s’adresse aux plus démunis privés de logements. Elle tente de séduire des propriétaires inquiets de gérer des locataires imprévisibles.

D’un côté, des personnes qui n’ont pas les moyens de se loger. De l’autre, des logements vacants. Pour joindre les deux extrémités, une agence immobilière à vocation sociale vient de naître, à Caen. L’AISCAL, (c’est son nom) se veut à la fois « agent immobilier pour le compte des propriétaires, mais dans un système associatif, tourné vers un public social », comme le résume Jean-Louis Auriau. Régie nouvelle 76, l’agence qu’il dirige à Rouen, a beaucoup inspiré l’équipe caennaise. « Nous nous sommes lancés il y a deux ans, suite à une réflexion sur le logement des familles à revenu modeste, retrace Marc Gignoux, administrateur à Habitat et Humanisme et président de l’AISCAL. Nous étions tous confrontés à de grandes difficultés à sortir les gens de solutions d’hébergement d’urgence. »

Associations sociales

L’agence est tenue par des associations sociales dont les membres observaient « des délais d’attente très longs dans le parc social ». D’où cette question : « Comment mieux exploiter les locations du privé ? », s’interroge Marc Gignoux. Selon l’étude de faisabilité réalisée pour monter l’agence, la vacance y atteignait 4,1% dans le bassin de Caen en 2003. C’est peu, mais face aux problèmes rencontrés par une frange de la population, c’est toujours trop. « Il fallait mieux exploiter ces pistes en sécurisant les bailleurs », explique le président d’AISCAL. Sans réelle rentrée d’argent mais avec des aides publiques, l’agence a ouvert en juin dernier. Pour les locataires potentiels, aiguillés par des services sociaux uniquement, et les propriétaires frileux, « elle plafonne les frais d’agence à 120€ et limite les frais de gestion à 7%, résume la gérante Marie-Laure Jean, seule salariée de l’association. Surtout, le point fort de l’agence immobilière sociale réside dans sa capacité à apporter des garanties aux bailleurs. « Ils ne sont pas contre le faire de louer mais ils ne veulent pas se retrouver seuls, soutient Marc Gignoux. Ils veulent un interlocuteur qui prenne les choses en main.

Garantie contre les loyers impayés

Concrètement, l’agence perçoit directement les aides au logement des locataires. Une partie du loyer est donc assurée. En plus, « si des complications interviennent, nous pouvons très vite mettre en place un plan d’apurement, reprend Marie-Laure Jean. Nous souscrivons à une assurance qui garantit les impayés de loyer. Cet accord prévoit aussi une prise en charge des dégradations. Même si elles sont volontaires », souligne Jean-Louis Auriau. Pour l’instant, l’AISCAL ne gère que 6 logements dans tous le département, mais pourrait monter à 14 dès la fin octobre et 20 fin décembre. « Notre objectif se chiffre à 150 logements en 5 ans », avance le président. A l’autre extrémité, la commission d’examen des candidatures a déjà vu 50 demandes. Deux tiers émanant de personnes isolées sans solution dans le parc social, la moitié de bénéficiaires du RMI. Mais aussi un quart de salariés.

Josué Jean-Bart

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